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 « A handful of dust ash. » [Night']

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MessageSujet: « A handful of dust ash. » [Night']   Mer 21 Nov - 20:12


« A handful of dust ash. »


Poussière de sable. Les grains virevoltent comme emportés par la danse macabre de la brise. Un souffle ; les cendres sablonneuses se soulèvent d’un même geste tel un écho qui se répète. Le ballet continue sans s’arrêter alors des corps enchainés de sable s’écrasent sur le sol. Le ciel se recouvre peu à peu de couleurs flamboyantes, abordant soudainement une palette d’artiste se dérivant du parme à l’azur. Les nuances se sont exposés en tableau sur tout le paysage : les dunes brillent de ces pigments tandis que les quelques buissons secs rougissent. Les faisceaux du soleil brillent néanmoins encore haut dans le ciel et l’ombre de la louve s’élargit pour s’étaler comme une tâche d’encre sur la surface du désert. Les traces de ses pas restent un instant, gravés dans le sol avant de se faire effacer par les bourrasques. L’air ressemble à celui qu’on pourrait trouver dans un bocal : renfermé, sec, cantonné et stérile. Cette vague impression de se retrouver prisonnier de cette chaleur malgré que la plus grande partie de la journée se soit écoulée. Le désert n’était surement pas l’endroit d’une cachette possible pour les clonés ; l’étendue de sable ne laissait aucune possibilité avec cet infini détestable après de longues heures à errer.

Loathful sentit ses yeux la piquer et un instant, elle trembla en voyant sa vision se troubler. Les mirages troublaient sa folie pour l’emmener dans les dédales de son esprit. Elle apercevait les essences du ciel mais avait la désagréable impression de n’y comprendre qu’une seule couleur confondue qui l’aveuglait. Elle haïssait cet endroit, ce désert, ces odeurs de déshydratés et le bruit granuleux que faisait le sable. Elle haïssait ce jeu, tous ces cinglés de bipèdes qui en avaient décidés les règles. Ah donc, êtes-vous si infâmes pour aimer regarder ainsi des loups aller vers leur mort ? Il n’y avait pas à mystifier : les hommes aimaient le mal. Ils cachaient leur envie de damnation derrière des actes grotesques de bienfaisance mais la vérité ne pouvait les confondre plus longtemps. Elle entrevoyait le fil conducteur qui les menait directement à la fosse de Lucifer. Ils aimaient donc cette peur constance, cette haine qui brillait dans chaque prunelle lupine. Elle sentait ses membres faiblir après cette fatigue continuelle qui s’accumulait en elle. Elle avait réfuté dans son esprit toute idée de sommeil pour garder cette idée en tête : avancer jusqu’à ce que la folie vienne cueillir son âme. Elle imaginait milles chimères dévastatrices qui dévoraient le fond de ses pensées. La délivrance du mal, laissé couler le fléau dans ses veines comme un poison. Elle devenait démente si bien que ses iris ne se concentraient plus que sur cette poudre limpide et brune claire. Elle secoua la tête, remua son corps pour éviter que la mort ne la prenne ; sa sécheresse était si importante qu’elle se demandait encore combien de temps elle pourrait continuer. Etait-elle la seule à errer dans cet endroit funèbre où la mort exposait son immonde visage ? Elle ricanait à l’idée qu’elle, Elle, put venir trancher son cœur en cet endroit. Elle était plus intelligente encore que cette idée, elle ne pouvait laisser gagner le cœur des hommes de pitié, elle devait leur donner de la rancœur. Brusquement, ses prunelles s’élargirent alors qu’elle distinguait la silhouette d’un oasis. Elle força ses pattes à trotter dans le sable, tel une ombre blanche qui dégageait des voiles de sable. Elle s’écrasa peu de temps après près de l’eau lapant comme elle pouvait l’étendue.

Un choc percutant la fit buter sur une racine avant qu’elle ne relève les yeux. Deux loups la regardaient d’un air menaçant comme si leur vie en dépendait. Elle laissa échapper un rire sinistre montrant tout son dédain et se releva avec faiblesse avant de grogner. Ils se considéraient maitres de cette flaque ? Bien entendu, ils ne pouvaient imaginer dans leur étroit esprit la possibilité que tous les loups du désert avaient soifs. Ils étaient comme leurs maitres, assoiffés de sang. Mort, recule donc, chasse ta pensée de ce tombeau. Elle observa avec plus d’attention les deux silhouettes en face d’elle. Un mâle imposant d’une robe brune et une louve noire comme l’encre. Elle était en infériorité et sa faiblesse était plus qu’évidente mais dans son regard, brillait une lueur qu’eux n’avaient pas. Cette prétention continue qui animait des espoirs de victoire. Après tout, elle était la seule à être au dessus de ce tas de loups. La seule qui savait analyser ce jeu détestable. Elle releva la tête, les fixa dans les yeux avant de gronder :

« N’est-ce pas devant moi des louveteaux ? Et vous savez ce qui est à côté de moi ? Une fla-flaque. Mais ces petits nouveau-nés souhaitent se battre donc pour cela ? Vous êtes si niais. »

Elle se lança, souhaitant les prendre de surprise après sa tirade. Son corps s'élança pour percuter la louve avant que les deux corps éboulent sur le sol. Des nappes de sable entouraient leurs ombres tandis que les crocs s'ouvraient avec force. Les mâchoires claquaient, les silhouettes se tournaient autour avant que l'impact se produise une nouvelle fois. Les grains de sable se teintaient de rouge et la poussière rougissaient de ce mal rencontré. Loathful avait déjà de nombreuses blessures sur le corps alors qu'elle sentait faiblir la louve. Le loup quant à lui ne bronchait pas. Bien entendu, il attendait que son ennemi épuise ses forces dans son combat avant de pouvoir l’exécuter lui-même. Cela lui vaudrait bien quelques sponsors : il réussissait à regarder les deux louves sans aucun sentiment. La louve blanche savait bien qu'elle ne pourrait peut-être aller au bout du deuxième loup et elle priait intérieurement qu'un autre loup lui vienne en aide. Mais sur qui pouvait-elle compter ? Il n'y avait aucune trace d'espoir dans ce lieu. C'était une arène fait pour aspirer le bien, le bonheur et ce qui pouvait définir la vie. L'arène, c'était l’apparition de la mort. C'était simplement un moyen de pouvoir voir tous les méfaits du monde sur un petit écran. Elle tourna les yeux un instant, apercevant soudain une ombre traverser les quelques rares broussailles de l'oasis. Un autre cinglé ? Une possibilité de s'échapper ? Elle pouvait tout aussi bien jouer sur les mots et s'enfuir loin de cette folie sanguinaire qui montait dans son esprit. Elle aussi, allait finir par aimer tuer. C'était peut-être ce piège là qui l'étouffait tant.





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« I know why the caged bird sing. »

✖ LES ÊTRES NE POURRAIENT VIVRE SANS SOUFFRANCE. ILS ONT AUTANT BESOIN DE MALHEURS, DE TRISTESSE, DE DOULEURS QUE DU BONHEUR. SANS L'UN COMME SANS L'AUTRE, ILS N'EXISTENT PAS CAR POUR CELA, IL LEUR FAUT AUSSI BIEN FAIRE DU MAL QUE FAIRE DU BIEN. S'ILS SONT FOUS, ILS ONT RAISON : ON NE PEUT AVOIR MEILLEUR REMEDE POUR OUBLIER L’ÉTERNELLE ET INFINI NUIT QU'EST LA VIE. L'ENFER CE N'EST PAS L'ENDROIT DU MAL, CE SONT SIMPLEMENT LES AUTRES ; DE NOS AMIS A NOS ENNEMIS. ✖
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MessageSujet: Re: « A handful of dust ash. » [Night']   Mar 4 Déc - 1:37




A handful of dust ash
Nightmare & Loathful

« Quand la vie te prend au dépourvu,
Tente d'aller de l'avant même si c'est dur,
& si tu n'y arrives pas, réfugie-toi.
Réfugie-toi au plus profond de ton esprit,
Seul lui, peut te combler réellement. »


Seul. Seul, tu as toujours été seul. La noirceur a toujours été ta seule amie dans ce monde si vaste. Personne ne t'as jamais comprit. & pourtant, combien de fois, tu as hurlé ton désespoir au monde entier, combien de fois tu as pleuré ta solitude. Bien nombre de fois, mais nul autre que toi n'a pu combler ce trou où ton cœur vacille. Tu l'as su depuis ta naissance pourtant : la vie est faite ainsi. Les jours, les mois, les années ont défilés sans que tu ne puisses rien y faire. La corde du Destin s'est tendue devant toi, t'obligeant à marcher tel un funambule. Tu as tenté pour finalement tomber. Tu es tombé longtemps en hurlant, en tentant d'appeler à l'aide mais bien entendu, personne ne t'entendit. Au fond, qui se préoccupe d'une âme en peine ? On est tous autant individualistes les uns que les autres. On laisse les autres pourrir dans leur malheur tandis qu'on fait semblant de sourire & de rien voir. & pourtant, on sait tous parfaitement que le fait de faire semblant est bien plus dangereux que voir la vérité qui est devant nos yeux. En effet, on voit les autres souffrir, nous appeler à l'aide mais on ne fait rien. Tout simplement car on a bien trop peur que ce malheur soit contagieux & qu'il ne nous quitte plus. Alors oui, on laisse les autres mourir au fil des années devant nos yeux sans rien faire, tout simplement car on a bien trop peur d'affronter le mur que cette Mort fonde devant nous. Alors oui, soyons francs, c'est sans doute pour cela qu'ils t'ont tous abandonnés. Sans doute, car ils avaient bien trop peur de ce que cet aide pourrait provoquer dans leur vie. Tous des lâches ? Arrête. Tu es bien pire qu'eux, seulement tu n'oses pas te l'avouer. Ne dit-on pas que celui qui se laisse tomber dans le gouffre de Lucifer est le plus lâche des êtres ? Alors avoues-le. Tu es encore plus lâche que n'importe qui. En tombant dans ce gouffre, tu as prouvé que tu ne méritais nullement ta place sur cette planète. Si Planète il y avait bien entendu.

Une drôle de sensation & tu poses un regard accusateur sur la cause de cette désagréable sensation : un grain de sable était coincé entre ton coussinet gauche & ton coussinet droit. Bien entendu, tu avais marché toute la nuit, comme à ton habitude, & tu t'étais donc retrouvé dans un endroit que tu n'avais encore jamais visité. Un endroit dont tu ne connaissais même pas encore l'existence. Un désert ? Comment un désert pouvait-il se trouver dans un tel jeu ? Pourquoi existait-il ? Puis avec un ricanement, tu secouas la tête. Bien entendu … Ces abrutis de bipèdes voulaient tellement faire souffrir tes congénères qu'ils trouveraient n'importe quoi, ou surtout n'importe quel endroit ici, pour qu'aucuns ne survivent. Mais ne savent-ils pas que les loups ont une endurance à toutes épreuves ? Que rien ne peut les dissuader ou les éloigner de leur but quand ils en ont un ? Un regard vers la gauche & ce que tu vis, te fit cracher au sol de dégoût : une carcasse de loup – sans doute de plusieurs jours vu l'état de décomposition – se trouvait à même le sol. Voilà l'exemple même d'un loup qui ne connaissait absolument rien à la vie. Tu secouas les épaules alors pour ensuite poursuivre ta route. A quoi bon se soucier de la vie d'un congénère, quand même vos parents s'en moquent de la vôtre ? Enfin, bipèdes dans ces cas-là.

Un plissement de paupières, une toux rauque & tu continuais à avancer difficilement dans cette étendue de sable, sans issue apparemment. Mais tu continuais à avancer. Pourquoi ? Tu ne savais pas. Tout ce que tu savais, c'est qu'une voix intérieure te dictait de le faire, tout comme elle te dictait de tuer tous ces loups qui trônaient sous ton estrade de la mort. Etais-tu fier ? Ô non, loin de là. Bien sûr, il fallait bien avouer que tu avais commencer par être dégouté par ce genre de jeu, puis finalement, tu y avais prit goût. Enfin, goût était un bien grand mot. Tu te contentais de tuer parce que c'était ta seule porte de sortie, tu le savais parfaitement. Tu te rappeles tous les soirs à quel point les bipèdes crient ton nom quand tu entres dans l'arène. T'aiment-ils ? Non, certainement pas. Ils se rendent seulement compte que tu es l'un des plus forts dans ce jeu. L'un des meilleurs. Alors tu y as prit goût. Tu as prit goût à cet amour superficiel, à ces cris. Ils ne sont rien pour toi, autant que tu l'es pour eux. Le gouffre de la Mort ne cesse de s'aggrandir sous tes pas & pourtant tu continues à marcher, fonçant même dedans pour ensuite en ressortir tout en lançant un autre loup à ta place. Pourquoi ? Car c'était la seule manière que tu avais trouvé pour t'en sortir. Tu blessais, tu bouffais, tu égorgeais, éventrais & pourtant tu continuais. Ta robe blanche, aussi pure que la neige, était pourtant aussi sâle que ton cœur actuellement.

Claquements de mâchoires. Grognements. Gémissement. Soupirs de douleur. Un combat se présentait devant tes yeux. Etais-tu en train d'imaginer ton plus grand désir ou cela se passait-il devant toi ? Tu n'eus pas le temps de te poser davantage la question, que tes pas te menaient délicatement dans les fourrés. L'odeur d'eau te fit saliver difficilement tandis que tu passais ta langue sur tes babines. Oui, tu avais soif mais tu ne tenterais pas le diable. Pas toute de suite. Alors, tu examinas délicatement la scène, examinant chaque protagonistes & estimant tes chances de survie. Bien sûr, tu étais les meilleur, mais tu n'étais tout de même pas un suicidaire. Loin de là. Un regard vers le sol & tu vis le Gouffre de Lucifer s'aggrandir davantage : il fallait que tu tue quelqu'un d'autre. Toute de suite ou la Mort viendrait te chercher sans une once de remord. Une main griffue glissa doucement vers toi, ainsi qu'un ricanement. Elle vient te chercher. Fais quelque chose. Au début, tu reculas, grognant silencieusement. Il ne faut pas qu'elle attrape ta patte, fais un truc, je t'en supplie. La main se rapprochait furtivement tandis que le Gouffre s'aggrandissait au fur & à mesure. Bientôt, tu rejoindrais tous ceux que tu as tué, bientôt ils te feront souffrir, bientôt tu crèveras dans les tréfonds de la Terre. Ta patte se posa brutalement sur le sol, pensant peut-être faire fuir la main mais le rire se fit plus fort tandis que la main s'accrochait à ta patte. Alors, tu sautas en arrière & grogna plus fort, mais toujours aussi inaudiblement pour tes adversaires.

Un regard vers un loup noir qui se tenait debout, fier. Il te nargue, fais quelque chose. Prend sa vie. Tue-le ou la main t'emmèneras avec elle. Alors sans hésiter une seule seconde de plus, tu relevas ta tête & sans que tu ne comprennes vraiment ce qui est arrivé, tu avais déjà la jugulaire de ce pauvre canidé dans ta gorge. Un espèce de bruit d'écoulement & du sang se fit voir sur ta bouche ainsi que ta gorge. Tu venais de nouveau de tuer. & bien entendu, au lieu de ressentir du remord, tu ressentie de la joie, de la satisfaction. Un regard en arrière, avec la gorge de ce pauvre loup toujours dans la gueule, & tu vis que la main ainsi que le Gouffre avaient rapidement disparu. Mais pour combien de temps ? Tu n'en savais rien. Tu sais juste que pour le moment, tu es tranquille. Alors, tu ouvres ta gueule & le corps de ce pauvre loup tomba au sol, telle une chaussette sâle. Un regard vers les deux louves & sans hésiter une seule seconde, tu te précipites vers elle. Pourquoi ? Il faut que tu tues. La main vient de nouveau de réapparaitre. Il faut que tu les massacres, que ton quotat de mort s'accentue. Un gémissement soudain & ton regard brun se porta sur une louve aussi blanche que ta fourrure. Cette dernière venait brutalement de tomber sur le sol, dans un fracas immonde & baignant dans son sang. Tu venait de l'éventrer sans même qu'elle n'ait eu le temps de dire quelque chose. Puis brutalement, tu stoppas.

Quel était ce regard ? Qui était-elle ? Comment faisait-elle ? Comment avait-elle pu être arrivée à t'arrêter ? Tu ne compris rien. Tout ce que tu su c'est que brutalement, tu avais prit tes pattes à ton cou & avais disparu dans le désert. Tombant quelques mètres plus loin & ce fut le noir total. Le Gouffre t'avait rattrapé … Ca y est, tu allais mourir … C'était ton heure.

Adieu Nightmare. Loup abandonné des hommes & de tes congénères. Mais ce que tu ne sus pas c'est que cette louve t'avait suivi.

[Oui, je suis assez longue à répondre mais je suis fière de ma réponse Cool]

© Mzlle Alice.

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N I G H T M A R E †
Le Mouton Noir

Sache que les apparences sont trompeuses.


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MessageSujet: Re: « A handful of dust ash. » [Night']   Mar 11 Déc - 18:28


« Les abîmes de la douleur. »


« Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches. »

Est-ce son sang qui se déverse ainsi sur la poudre sablonneuse où elle git ? Est-son âme qui ruisselle dans ces sillages pourpres au sol ? La douleur emplit sa conscience tout en rongeant le peu de raison que celle-ci gardait. Une seule pensée se formait jusqu’à ce monde, ouvrant des portes fermées par cette souffrance sourde : « Relève-toi ». Pourtant, son corps renâclait, il s’épuisait de cette désolation continuelle qu’il ressentait et il ne songeait qu’à l’oubli. Son esprit soupirait déjà à la pensée de cette Éden sans douleur que la mort pourrait lui apporter. Le vent emporterait alors avec lui ses dernières espérances, le parfum de toutes ces années mortes où elle fuyait sa propre personne. Chacun refaisait ses comptes, débattant sauvagement de l’avenir de leurs ridicules personnes. Elle avait emporté au creux de son ombre les cendres de ce qu’elle aurait pu être mais elle les avait depuis longtemps oubliés. Elle avait encore plus peur qu’elle ne le pensait des méandres de l’obscurité qui commençaient à engouffrer son âme mais sa haine était si importe qu’elle enfouisse en elle tout le mal qui lui était apparu. Elle ne voulait encore offrir son jugement à cette horrible et hideuse possibilité que laissait entrevoir son tombeau. Elle souhaitait tant continuer à voir, à sentir, à écouter, à comprendre, à savoir, à détester, à jurer et tant de choses qu’elle ne savait plus nommer tant sa vie en offrait. Elle haïssait chaque jour un peu plus les personnes qui l’entouraient mais elle, elle n’avait pas à s’appliquer son propre jugement. C’était peut-être la seule qui avait le droit de fouler le sol. Cette plaie qui la tiraille, ce n’est qu’une aiguille face à la douleur que provoque sa race. Arriverait-elle à voir la blanche colombe qui au loin s’éloigne de quelques battements d’air graciles ? Tourne, tourne, virevolte, un souffle t’y emmènera. Ses iris ne se tournaient pourtant que vers le gouffre de son cœur. Brise cette glace qui t’emprisonne, elle deviendra ta croix. Restera-t-il une trace de ce qu’elle est ? Les épines de la rose fanée.

Elle avait vu le loup arrivé comme un ange offert par la providence avant qu’elle ne comprenne que ce déluré était comme les autres et risquait de vouloir la tuer. Risquer bien sûr laissait supposer que ce ne serait du qu’au hasard et à plusieurs conditions. Elle gardait l’espoir qu’elle pourrait partir avant qu’il ne se retourne contre elle mais le coup était parti trop tard. Elle s’était effondré après avoir perdu ses dernières forces : la fatigue de ces derniers jours et du précédent combat avait eu raison d’elle avec ce coup du loup blanc. Finalement alors qu’elle songeait à toutes sortes de théorie grotesque, elle regarda fixement les prunelles de ce dernier. Brusquement, la douleur lui paraissait loin, comme dans un monde parallèle qui n’était pas le sien. Toute cette situation semblait illusoire, comme si la réalité se bernait elle-même. Le charme s’interrompit pourtant d’une seule et même coup lorsque l’ombre blanche s’envola de sa vision. Soudainement, le loup s’était enfui comme s’il avait pris sa propre douleur. Elle rampa jusqu’à la mare et lapa quelques longues gorgées, espérant reprendre ainsi des forces. Petit à petit, elle voyait moins trouble même si ses pensées l’étaient encore un peu. Ses yeux se fixèrent sur sa plaie qu’elle entreprit de nettoyer tout en repoussant la douleur qui lui venait. Après avoir lavé ses blessures, elle tenta de se lever. La première tentative se résolva à un échec épuisant mais elle n’abandonna pas. Elle désirait retrouver le loup pour savoir quel peur l’animait ainsi en sa présence. C’était tout simplement inexplicable mais si flatteur pour son ego. Elle réussit à se mettre debout après un certain temps et hésita longuement avant de se décider à faire quelques pas. La douleur était beaucoup plus faible qu’elle ne l’avait imaginé. Encore une fois, obsédé que la mort puisse la faucher, elle avait hurlé de souffrances inutiles. La principale entaille lui venait du coup du blanc et elle espérait retrouver ses forces. Elle savait qu’elle aurait du rester à l’endroit où elle était mais elle n’en n’avait plus l’envie. Elle soupira longuement avant de se mouver à la suite des traces du loup.

Parvenu difficilement à sa hauteur ou du moins non loin, elle n’aurait su dire, elle le toisa hautainement. Son premier regard qui l’effleura fut noir, glacial et empli de tout le mépris qu’elle pouvait lui parler. Elle se rendu compte, si tard, qu’il avait sur elle son droit de passage en Enfer. Un changement dans son attitude, un brusque revirement et il l’achèverait. Elle frémit à l’idée que le gouffre l’avale des puissantes mâchoires de ses méandres. Elle ne savait plus que faire, maintenant qu’elle se retrouvait en face de la mort elle-même. Elle ne pouvait que jouer avec l’ironie et sa lâcheté car ainsi, il ne se retrouverait pas dans la mesure de la blesser si son égo l’était. Il l’avait en plus de ça sauvé des autres loups et elle se sentait redevable. Malgré le fait qu’elle se considérait comme bien supérieur à ce louveteau, elle répugnait l’idée qu’elle puisse se rabaisser à faire comme ci rien ne s’était passé. Elle décida finalement que lui seul pouvait lui faire remarquer mais qu’elle le gardait en mémoire. Sa survie était-elle plus importante que ces principes ? Elle ne savait qu’en dire. Elle aurait aimé associé les deux mais c’était des oppositions trop contraires pour qu’elle n’y songe. Elle finit par articuler :

- Nos peurs sont nos plus grandes failles mais lâche est de dire que nous n'en n'avons pas. Serais-je la votre ? Vous êtes-vous mépris de votre puissance ?

Elle savait bien qu’elle jouait avec le feu en prononçant ses mots mais elle doutait qu’elle puisse réellement trouver une sortie à ce compromis. Elle-même souhaitait entrer dans cette danse macabre et elle s’y était obligé en venant voir le loup. Là encore était peut-être le vain espoir qu’elle produisait de la peur. Elle pourrait alors peut-être se convaincre que certaines personnes reconnaissaient en elle le statut qu’elle devait avoir.





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