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 An Other Way [Sharpe Buck]

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MessageSujet: An Other Way [Sharpe Buck]   Dim 18 Nov - 14:07


An Other Way

La mort approche. Elle rampe au sol. S'évapore en gaz toxiques. Suinte d'obscures cavités. Se faufile entre les galets. Imprègne des baies rouges. S'insinue peu à peu, goutte à goutte, pas à pas, seconde après seconde, dans les esprits les plus purs. En un mot, elle se cache. Oui, elle, la fière reine de la vie, terminus du temps. Elle se rabaisse à dissimuler son abominable visage au monde. Pourtant elle tente de s'embellir, elle veut voir la terreur se refléter dans les yeux de tous ceux qui la croisent. Elle a presque atteint son but, mais certains résistent. Certains résistent à la peur, pourquoi ne lui résisteraient-ils pas ? Et elle devient haineuse devant ces êtres dénués de raison, elle s'acharne sur eux. Mais rapidement se résonne, et use de ses charmes pour les attirer inexorablement dans ses bras. La mort n'attend pas.

Toi, tu es seul, mon enfant. Tu poses calmement tes pattes sur les galets polis. Tu t'interroges sur le temps qu'il leur a fallu pour prendre cette forme toute douce au gré des vagues. Tu réfléchis, comme toujours. De toute façon, que peux-tu faire d'autre ? L'arène est gigantesque. La vie, on t'a dit qu'elle était courte, qu'il fallait en profiter. Pourtant ici, le temps passe si lentement. Tu marches, tu chasses, tu penses. Tu t'assoupis aussi, parfois. Tu essayes de trouver le but de ce jeu. Divertir ? Divertir avec la mort ? Comment est-ce possible ? Il y a donc bien des êtres qui rient devant la mort ? Eh oui, mon enfant. Il y en a. Ici, la mort est la destination de tous, sauf d'un. Tu dois être celui-là. Tu le sais. Mais tu sais également que ce ne sera pas toi. Parce que tu ne veux pas te battre. Tu ne veux pas lâcher prise. Et pourtant, ici, un clone qui ne se bat pas est débranché. - On lui coupe les veines, on lui ôte le coeur, dites cela comme vous le voudrez. - Pour gagner, il te faudrait livrer ton corps à un autre. Un autre toi, plus féroce, sans pitié, que tu détestes tant. Mais ce serait te livrer au néant. Et le néant, c'est bien pire que la mort. Alors tu te contentes de survivre pour le moment. Profite de la vie, comme on te l'a dit. Essaye. Tiens, te voilà, là-bas, ombre sombre qui se découpe sur l'horizon rosé. Le soleil nous abandonne encore une fois. Ne t'en fais pas, il reviendra. Les vagues du fleuve lèchent doucement tes larges pattes, s'avancent et se retirent entre les galets de plus en plus petits avec un clapotement apaisant. C'est donc cela qui te plonge dans des réflexions sans fin ? Tu devrais cesser un instant de penser à ça, lever la tête, observer le paysage qui se teinte de violet. Tu ne reviendras peut-être jamais ici. N'est-ce pas, que c'est beau ? Et dire que tout ça est faux.. Mais non, tu ne dois plus penser ainsi. Voilà, tu rassembles tes sens et laisse de côté tes pensées. La brise souffle sur tes oreilles, soulève ton poil, effleure ta truffe, ça te rappelle les caresses d'être chers et perdus. Sur le soleil qui a désormais presque disparu, il y a la silhouette d'un grand oiseau. Il pousse soudain un cri, et tu le suis des yeux dans sa valse avec les cieux. Lui, est-il réel ? Est-ce un véritable vautour, un clone, une caméra ? A l'idée qu'il pourrait n'être qu'un oeil vicieux qui t'observe sans cesse, sans pudeur, qui applique le voyeurisme à l'état pur, tu frémis de rage, tu t'imagines planter tes griffes dans son corps de métal, le déchiqueter, arracher de tes crocs les câbles crépitants d'électricité, et laisser sa carcasse de ferraille rouiller sous la pluie. Mais peut-être n'est-il qu'un innocent oiseau enfermé dans l'arène, comme les proies que tu tues chaque jour. Des proies bien faites de sang et de chair. Des êtres élevés pour être dévorés, qui vivent tous les jours dans l'attente d'une silhouette lupine pour leur ôter enfin une vie qu'il n'ont pas demandée. Alors tu oublies ses ailes de grand planeur et à nouveau tu tentes de savourer ce qui t'entoure. Les effluves de la vase se mêlent aux senteurs de bruyères, là-bas, plus haut sur le versant. Tu inspires fortement, tu imprimes cette beauté dans ta mémoire. Il ne faut pas qu'elle s'échappe, il y en a si peu. Mais au milieu de la bruyère, il y a autre chose. Tu sais bien ce que c'est. Un autre. Un autre qui tue. Un allié de la mort. Il faut te sauver, avant de rejoindre toi aussi les rangs de la reine capricieuse. Mais la curiosité, elle est si forte.. Tu ne résistes pas. Tu continues ta marche tranquillement le long des eaux qui reflètent l'astre somnolant, car c'est sans aucun doute que l'autre te rejoindra.
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Dernière édition par Deep. le Sam 24 Nov - 13:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: An Other Way [Sharpe Buck]   Dim 18 Nov - 20:04


an other way

there's a growing feeling of hysteria.

L es grands yeux ambrés du mâle tricolore reflètent le soleil qui se dore et qui se pâme, dans ses derniers rayons incandescents. Ce soleil qui joue avec la lumière, en maître absolu, dieu de la vie que la terre lui doit, à lui seul. Il n’est plus aussi grave, aussi intraitable qu’en milieu d’après-midi, où la soif s’était cruellement fait sentir dans la gorge brûlante du grand mâle. Pour l’heure, il semblait rire, rire dans son couchant, et avoir oublié sa sévérité. Il jette sur la bruyère des reflets rouges et orangés, elle qui de son doux violet aurait aimé une nuit paisible, où ce couchant somptueux qui la brûle et la consume n’existerait pas. Mais elle se tait, et dans sa lente et cuisante agonie, ne faiblit pas un seul instant.
Le grand loup accroupi dans les herbes ne faiblit pas, lui non plus. En revanche, c’est sa gorge qui crie à l’incendie. Voilà près d’une heure que, tapie dans les hautes herbes, l’attente se prolonge. Il a vu descendre lentement le soleil vers l’Est, si lentement. Attendant patiemment sur le versant de ce coteau qui n’était plus qu’une fournaise frémissante que le loup là-bas, en contrebas, s’en aille. Vas t’en, je souhaite simplement boire à ce fleuve qui bruisse de cette eau, abondante, fraîche, qui apaisera ma souffrance. Il redoute la rencontre, qui engendrera l’altercation, puis la bataille. Ici, nous sommes tous alliés jusqu’à l’instant où celui qui trébuchera sera dévoré vivant par le reste de la meute. S’il reste toujours immobile, c’est sans doute parce qu’il se sait si faible, si fragile sous sa carcasse imposante d’une soixantaine de kilos. Il sait que s’il descend maintenant, il ne pourra pas éviter une confrontation, et c’est précisément dans le but de s’y soustraire qu’il s’obstine à rester prostré là, sous les rayons ardents de ce soleil qui n’en finit plus de se coucher. Il sent le vent qui se lève, tout contre sa fourrure, qui fait bruisser les herbes qui le camouflent. Ce vent traître qui commence à tourner, d’ailleurs, à son désavantage. Il semblerait qu’Ils aient décidé que cette confrontation aurait lieu. Bien évidemment, qu’elle aurait lieu, était-il donc bien naïf que de croire qu’ils allaient lui laisser un soupçon de libre arbitre ! D’ailleurs, l’autre l’a déjà senti. Il se tourne vers la colline, le regard inquisiteur, presque méfiant. Mais lui aussi semble entêté. Il reste. Le grand loup cède. La soif est trop intense, trop brûlante. Il se lève, sans bruit, et d’un pas léger un peu traînant, presque surnaturel, il fend la bruyère dans un silence de mort. Ses griffes crissent au contact des galets lorsqu’il foule les premiers abords du fleuve, là-bas, sur la berge. Il s’avance, extérieur calme et serein, force tranquille et forçant le respect. Mais en son fort intérieur, c’est le tumulte, la cacophonie. A découvert, il a la nausée et le sol tourne sous ses pattes. Un vague cri suraigüe lui transperce les tympans, il l’oublie bien vite, son regard se trouble. Il ne chancèle pas, pas une seule minute, une seule seconde, sa faiblesse ne s’extériorisera. Les apparences, c’est tout ce qu’il lui reste. Le poil légèrement hérissé, il se dirige vers l’eau qui court, qui semble le fuir vers l’aval, toujours plus vite. Ivre de douleur, sa gorge le brûlant de plus en plus, il plonge son museau dans l’eau froide, avale quelques gorgées. Et à cet instant, la lucidité revient. Autour de lui, les sons arrivent en foule compacte, se pressent à ses oreilles. Le bruit de l’eau, les oiseaux qui piaillent doucement. Il se retourne brusquement, l’œil encore hagard, vers le loup qui était quelques instants plus tôt. Fruit de son imagination ou réel concurrent ? Un grondement lui échappe, simple mesure de précaution. Mais bien vite, il ne le craint plus. Deep.


► t'écris divinement bien, et moi c'est nul à chier. ;__;


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MessageSujet: Re: An Other Way [Sharpe Buck]   Ven 23 Nov - 18:34



La vie est ton navire
et non pas ta demeure.

Il est beau, cet astre. C'est indéniable. Il est cruel, également. Il vous scrute de ses rayons ardents, plonge sa lumière dans vos yeux, vous aveugle le temps de fouiller tout ce qui vous constitue. L'entité de votre vous, votre corps, vos sentiments, vos pensées, votre histoire, vos connaissances, vos idées, votre monde. Ce qui fait que vous êtes vous et pas un autre. Juge impartial, il appose à votre front son verdict cuisant. Le plus téméraire n'oserait lever son regard vers lui. Sauf bien sûr celui dont les yeux sont fermés à jamais. Il est le seul qui pourra échapper au supplice d'être fouillé comme personne ne sait le faire. Mais tu connais la couleur des choses, toi. Tu n'es pas l'élu qui défiera le soleil, non, tu n'as plus qu'à te soumettre à lui, attendre que sa complice de la nuit pose ses doux rayons clairsemés sur ta tête et calme tes brûlures. L'astre d'argent est plus clément. Voilà venir le moment que tu attendais, celui où elle remplace celui qui la fuit et qu'elle fuit tout à la fois, sans cesse, dans une lente ronde. Enfin les derniers raies de lumière orangées s'effacent. La montagne est désormais d'un violet si intense. Tu plonges tes yeux dans cette teinte qui fait disparaître la bruyère, et tu le vois. L'autre. Il est fort, grand, sa carrure t'incite à fuir tant qu'il en est encore tant. Tu sais qu'il faut partir, qu'une fois encore la mort rode autour de toi. Mais tu la défies. Serais-tu fou ? C'est bien possible. Je t'en prie, ne la provoque pas trop. Voilà l'autre qui descend, l'allure sûre, le pas qui se sent pressant. Dans un clapotement, il plonge son museau dans l'eau au bord de laquelle tu marches depuis le lever du jour. Tandis qu'il boit à longs traits, tu t'interroges. Que faire ? Tu n'iras pas le voir, c'est bien clair. Tu n'es jamais allé vers les autres dans cette arène, non, tu laisses les autres venir à toi. Plus simple. Moins agaçant. Pas pour autant moins dangereux. Tu ne dois pas te cacher non plus. Bien sûr, dans un corps à corps tu ne ferai pas le poids, mais tu sais te débrouiller avec la rapidité. Tu pourras toujours le semer si l'autre est trop déterminé à t'égorger. Surtout, ne pas te laisser tomber au fond du ravin. Un loup que tu dois craindre bien plus que celui derrière toi t'attend au fond. Il prendra ta place sans une hésitation. Il rompra les fragiles barrières que tu as mis des mois à ériger d'un coup de patte, et t'enverra bouler dans la poussière avant de t'y abandonner. Jusqu'à ce qu'il se fatigue, se lasse, et te laisse voir une flamme là-haut au bord de l'abîme. C'est seulement à ce moment que tu auras une chance de reprendre possession de toi. Tu peux éviter ça. Écarte-toi du précipice. Fuis. Cours. Active tes pattes et danse avec le vent. Laisse derrière toi le mâle tricolore qui relève maintenant la tête. Vite. Tu refuses ? Peut-être est-ce ton maître qui refuse. En tout cas, tu marches toujours d'un pas qui ralentit presque, qui incite l'autre à s'approcher de toi. Tu lui tournes le dos. Pourquoi tant d'imprudence ? Pourquoi tant de confiance ? Réfléchis, c'est stupide. Tu pourrais paraître orgueilleux. Enfin, tu te retournes lentement, tandis que l'autre lance un grognement. Tout se joue dans cet instant. Tu peux encore faire volte-face et t'élancer. Maintenant ! Mais non, bien sûr, tu restes, tu lèves le museau des galets et détailles avec attention le loup imposant qui se dresse à quelques mètres de toi. Tu as peur. Une peur bienfaisante, qui réveille les sens et l'attention. Une peur bénéfique qui t'accompagne sans cesse dans ta survie. Tu la maîtrises. Plutôt bien, il faut te l'accorder. Le loup est impassible. Rien n'échappe à sa vigilance. Il a décidé que tu ne saurais rien de lui, et tu ne sais rien. Alors patientes. Acceptes d'attendre. Ce n'est pas compliqué, tu préfères ça. Tu n'as pas de tactiques de combat dans la tête. Peu prudent, encore une fois. Trop de confiance en l'autre que tu ne connais pas. Tu devrais t'ôter du crâne que chacun abrite du bon. C'est faux. Mais celui-là, en a-t-il ? Tes oreilles sont braquées sur lui. Ta queue s'agite tout doucement. Le vent effleure tes joues et joue avec ton pelage.


Je comprends mal comment tu en es venue à cette conclusion. T'écris trop bien xwx
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MessageSujet: Re: An Other Way [Sharpe Buck]   Dim 25 Nov - 8:28


an other way

i'm not one to break promises.

L eurs regards se croisent, l’espace de quelques secondes. Entrechoquement de deux âmes. Âmes perdues, disloquées, dérangées, désordonnées. A trop vouloir se prendre pour dieu, Ils les ont déréglées. Le doux ronronnement à peine perceptible, de la caméra, indique que, Là-Haut, Ils les regardent. Le public retient son souffle dans cette rencontre silencieuse, dans cette fixité. Leurs maîtres respectifs prient tout bas pour que vous ne vous battiez pas. C’est la trêve, l’épidémie a été lancée dans ce but. Malgré tout, vous demeurez imprévisibles. On tente de vous formater, de vous indiquer une posture, une formule à suivre, mais vous pouvez toujours choisir l’autre solution. Sharpe Buck pourrait parfaitement te tuer, Deep, ici et maintenant, ignorant la consigne, s’exposant peut-être aux risques d’une contamination. Une seule question semble briller dans le regard du grand tricolore : es-tu porteur du virus ? Quant à lui, Buck en est certain, il est toujours sain. Il ne s’est pas battu dans l’arène depuis son arrivée, n’a pas versé la moindre goutte de sang, hormis celui de ses proies. Il va falloir dès à présent modifier son régime alimentaire, et traquer ces infâmes animaux qui, en temps normal, les traquaient, eux. C’était ça, suivre Leur protocole. Ou alors, il pouvait toujours choisir la seconde solution. Mourir. Dans la faim la plus cruelle, la douleur la plus atroce. Cette simple pensée le fit frissonner. La rébellion ne serait pas pour aujourd’hui.
Le grand mâle sent les petits yeux de la caméra braqués sur sa nuque, et cela le rend nerveux. Sur son échine, ses poils sont légèrement hérissés, signe peu trompeur de son irritation. Il sait parfaitement que s’il se retourne vers elle et qu’il tente de la détruire, elle esquivera toutes ses attaques, rapide, insaisissable et pourtant si proche. Il a déjà perdu bien trop de temps et d’énergie à tenter de la mettre en pièces. Et pourtant, ce n’est pas l’envie qui lui en manque ! Il tente de reporter, avec le plus grand mal, son attention sur le loup gris qui était en face de lui. Ses yeux se posent là où il était quelques secondes plus tôt, et a un mouvement de recul. Ses pupilles se sont agrandies de terreur, ses poils se sont dressés instantanément, partout sur son corps épais. A la même place où Deep se tenait quelques instants plus tôt, une forme sombre, étrange et indéfinissable, prenait peu à peu forme, se mouvant, drapé dans des haillons fantomatiques, d’une allure macabre. La gorge du grand mâle se serre de peur, il recule encore, tandis que la créature le regarde, tranquillement, sans esquisser le moindre mouvement. Elle lui sourit, même. De sa bouche informe, emplie de petites dents aiguisées. Elle éclate de rire, d’un rire suraigüe, agressif, ressemblant au son de griffes crissant sur du verre. Le grand mâle lutte pour ne pas gémir, tant ce rire lui est insupportable. Il voudrait fuir, galoper à travers la prairie pour se libérer de cette douleur, mais il est cloué sur place, ne parvient plus à faire le moindre mouvement. Il ferme les yeux, serre les dents. Immédiatement, le rire s’interrompt. Buck rouvre les paupières, timidement, s’attendant à voir l’apparition juste sous ses yeux hagards. Mais non, se trouve devant lui, dans le calme le plus total, un loup au pelage grisonnant, teinté de couleurs fauves, qui le regarde d’un air interrogateur, comme attendant quelque chose. Sharpe Buck se surprend à gronder. Il s’est rapproché du jeune loup.
SHARPE « Ne refais plus... jamais ça. »
Sa voix tremble légèrement, et il a du mal à contenir sa colère. Était-ce donc si drôle que ça, de provoquer la terreur d'autrui ? Qu'est-ce que ça pouvait bien lui apporter ? De quelle manière pouvait-il donc faire... ça ? Était-ce lui, le futur gagnant de l'arène ? Le vainqueur déjà tout désigné, auquel on attribue tous les avantages ? Taisez-vous, questions, taisez-vous, vous me rendez timbré !


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MessageSujet: Re: An Other Way [Sharpe Buck]   Dim 9 Déc - 21:28



Le moment présent à un avantage sur les autres,
il nous appartient.

Tu la sens. Elle rode autour de toi. Elle imprègne l'air, l'alourdit, le solidifie. Tu la compares furtivement à une brume de gouttelettes, un nuage qui se repose sur terre et surprend des canidés engourdis à leur réveil. Elle ne t'inspire rien de bon. Mais c'est ta compagne depuis longtemps, alors tu t'es habitué à elle. En ce moment, tu es là, debout, le regard neutre. Tout est neutre dans ta posture. Tu n'exprimes rien. Pourtant elle est toujours là. Elle se rapproche de plus en plus, colle à ton pelage. Tu aimerais t'en débarrasser, mais c'est impossible. Pas avec ce loup devant toi. Elle t'enferme, te comprime, tu vas bientôt peiner à respirer. Alors au lieu de la fuir tu l'inspires. Elle ne demande rien de mieux. Elle s'infiltre à travers les pores de ta peau, elle coule comme une fumée rampante dans tes veines, elle embaume ton cerveau d'une douceur acidulée, qui endort et picote à la fois. Ça y est, c'est fait. La peur est là. En toi. Tu as envie de t'en aller, mais c'est trop tard. Tu n'avais qu'à te décider plus tôt. Heureusement pour toi, vous ne pouvez pas vous battre. La maladie, bien plus vicieuse que la peur, règne. L'arène est infestée. Comment es-tu au courant ? L'ordre vient de Là-Haut. Ils peuvent t'insuffler leurs désirs, des informations, des ordres dissimulés. Mais ils ne peuvent t'ôter tes décisions, bien qu'ils fassent tout pour te soumettre à leur volonté. Pour faire rire. Pour gagner quelque chose, un bien, qui t'échappe. Que tu ne peux comprendre. Et c'est mieux ainsi. Tu peux résister. Si tu avais envie de te battre, si tu laissais l'autre diriger ton corps, tu passerai sans problèmes outre leurs sifflements de rage dans ton crâne. Une horrible migraine te prendrait, ils te mèneraient la vie dure, mais tu y arriverais. Seulement voilà, tu ne veux ni provoquer de combat, ni livrer ta vie à l'autre. Pour une fois, ils ont eu une bonne idée. Si ce n'est que le gibier est désormais inaccessible. Tu prends alors conscience des difficultés que la maladie implique. Plus de lapin, plus d'oiseau, plus de rongeur, plus de poisson, plus de chamois. Et de Là-Haut, on t'annonce ce que tu devras manger si tu veux survivre. Tes pupilles se dilatent soudainement, la peur qui crépite dans tes chairs souffle sur ton cœur une rafale de panique. Un furtif éclat brille un instant dans tes prunelles, tes pattes avants frissonnent. Tu t'immobilises totalement. Si le vent ne soufflait pas lentement sur ton pelage, tu pourrais être de roche. Tes oreilles parsemées de fauve sont toujours dressées, imperturbables, vers le grand lupin campé devant toi. Tu reportes ton attention sur lui. Interloqué, tu le vois reculer, les pas hésitants, manquant presque de trébucher. Les traits de son visage sont déformés. Déformés par quoi ? Les poils de son échine sont hérissés, une étrange lueur s'allume dans ses yeux. Elle est à l'œuvre. La peur. Elle n'épargne donc personne. Même celui-là, sensiblement né pour dominer. Hors non, elle lui impose sa loi. Il s'est laissé étreindre, ce n'est pas possible. Qu'est-ce qui a donc pu l'effrayer ? Son regard est braqué sur toi, comme un supplicié, un condamné, implorant qu'on lui laisse une vie. Peut-être la sienne, peut-être celle d'un autre. Tu jettes un regard derrière ton épaule. C'est assez pour qu'il te saute dessus, mais cette peur-là n'est pas feinte. Oh non, elle est bien réelle. Il n'y a rien derrière toi. Le fleuve s'enfonce à travers la vallée, rose et infini. Les nuages orange flamboyant sont immobiles dans un ciel qui retient son souffle. Un arbuste au tronc lisse et tordu habille le paysage morne. Ou alors l'Ordre est arrivé pour lui aussi. Tu l'inspectes encore, avec une minutie qui pourrait devenir terrifiante si elle avait un but – mais elle est inutile, une manie chez toi que de détailler la moindre parcelle de ce qui t'entoure –. Il n'est plus en état de choc, ça y est. Il a réussi à reléguer la peur en dehors de lui. Voilà le loup dont tu aurais dû te méfier, celui qui, les crocs découverts, semble prêt à dévorer tes chairs après les avoir lacérées de coulées de sang. Voilà la raison pour laquelle il fallait courir, courir plus vite que le vent. Mais vous ne pouvez pas vous battre. Il s'avance, tu ne recules pas. Fou. L'Ordre n'est peut-être qu'une tromperie pour te piéger. Tu n'y avais pas pensé. Il s'arrête, tu ne bouges pas.

« Ne refais plus... jamais ça. »

Aucun doute, c'est bien à toi qu'il s'adresse. Tu t'interroges sur le sens de ses paroles. Qu'a-t-il voulu dire ? Tu n'as fait que tourner la tête depuis le début de ce face à face pesant de silence. Joue-t-il aux énigmes ?

« Qui es-tu ? »

Question stupide. Inutile. Tu sais qui il est. Un cloné. C'est l'entité de lui-même. Il n'est que la copie d'un autre, qui a vécut, et vit peut-être encore, même. Cet autre a peut-être rencontré celui dont tu portes l'ADN. Mais qu'est-ce que cela peut t'apporter de savoir ? Tu te fiches de tous ces autres, qui sont libres. Qui vivent dans un monde réel. Tant de questionnements futiles. La raison finira par te rendre fou. Concentre-toi plutôt sur le moment présent. Si tu survis à ce duel non déclaré, tu auras le temps de t'interroger plus tard. Ce loup, il ne faut pas qu'il compte dans tes ennemi. Alors autant qu'il compte dans tes alliés. Il faut tout faire pour. Accepte de te soumettre s'il le faut. Laisse l'honneur de côté. Cette fierté déguisée ne te mènera nulle part. Tu sais qu'au fond tu n'en feras rien. Tu ne veux pas être dominé. Mais tu mourras, si tu refuses. Tu devrais utiliser ton cerveau. Il est peut-être faux, mais il fonctionne tout de même. Tords-le jusqu'à ce qu'il en découle une idée. D'abord, il faut savoir ce qui l'a tant effrayé. Tu vas évoquer l'Ordre. Est-il au courant ? Tu prends des risques, en t'exposant ainsi. Tu viens de t'assoir, le dos droit, la queue entourant tes pattes, le pelage couché sur ton corps, le museau bien fermé, les oreilles en mouvement, les yeux inquisiteurs. Attendre, c'est si facile.
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